NATURA 2000 ET ROSELIERES DE CHENS SUR LEMAN

Copil_Leman_11-02-2014.pdf

I SITE NATURA 2000 DU LAC LEMAN


I.1 Introduction :


Le site Natura 2000 du lac Léman est une Zone de Protection Spéciale (classement par arrêté ministériel comme ZPS le 24 avril 2006).
Son numéro de code est : FR8212020. Sa superficie est de 1251 ha

I.2 Situation

Sites Natura 2000

I.3 Description du site


Le lac Léman dans son ensemble constitue une escale majeure, à l'échelle européenne, pour un grand nombre d'espèces d'oiseaux migrateurs en hivernage ; il est cité comme étant la deuxième zone d'hivernage française après la Camargue.
Ce rôle a d'ailleurs été souligné par la qualification de "site d'importance internationale pour l'hivernage et la migration des oiseaux d'eau" accordée à la rive française du lac Léman au titre de la Convention de Ramsar sur la protection des zones humides.

I.4 Les Zones de Protections Spéciales


Les Zones de Protections Spéciales sont désignées à partir de l'inventaire des Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux (ZICO) définies par la directive européenne 79/409/CEE du 25/4/1979 concernant la conservation des oiseaux sauvages.

I.5 Convention du RAMSAR


La convention relative aux zones humides d'importance internationale particulièrement comme habitat des oiseaux d'eau, appelée Convention de Ramsar, est un traité intergouvernemental ayant pour objectif général la conservation des zones humides. Depuis 1990, les rives du lac Léman figurent sur la "Liste des Zones humides d'Importance internationale".

I.6 Urbanisation et activités nautiques.


La rive française du lac Léman ne présente pratiquement plus de caractéristiques naturelles. L'urbanisation et le développement de diverses activités nautiques en sont les causes essentielles.
L'urbanisation importante des rives du lac Léman limite très fortement les possibilités de nidification pour la majorité des espèces.

Rappel :

Les projets susceptibles d'affecter le site de manière significative devront faire l'objet d'une évaluation de leur impact. L'Etat ne peut les autoriser que s'il est démontré que ces projets ne porteront pas atteinte au site, ou que ces projets présentent un intérêt public majeur et en l'absence de solution alternative.


I.7 Composition du site :

Eaux douces intérieures (Eaux stagnantes, Eaux courantes)  79%
Forêts caducifoliées 10%
Prairies ameliorées  5%
Autres terres arables 4%
Dunes, Plages de sables, Machair 1%
de plantations d'arbres (incluant les Vergers, Vignes, Dehesas)  1%

I.8 Oiseaux présents

Aigrette garzette (Egretta garzetta) (3) Etape migratoire. 
Autour des palombes (Accipiter gentilis) Résidente.
Barge à queue noire (Limosa limosa) Etape migratoire.
Barge à queue noire (Limosa limosa) Etape migratoire.
Bécasseau de Temminck (Calidris temminckii) Etape migratoire.
Bécasseau minute (Calidris minuta) Etape migratoire.
Bécasseau sanderling (Calidris alba) Etape migratoire.
Bécasseau variable (Calidris alpina) Etape migratoire.
Bécassine sourde (Lymnocryptes minimus) Etape migratoire.
Buse variable (Buteo buteo) Résidente.
Butor étoilé (Botaurus stellaris) (3) Hivernage. Etape migratoire.
Canard chipeau (Anas strepera) Hivernage. Etape migratoire.
Canard colvert (Anas platyrhynchos) Résidente. Hivernage. Etape migratoire.
Canard pilet (Anas acuta) Hivernage. Etape migratoire.
Canard siffleur (Anas penelope) Hivernage. Etape migratoire.
Canard souchet (Anas clypeata) Hivernage. Etape migratoire.
Chevalier aboyeur (Tringa nebularia) Etape migratoire.
Chevalier arlequin (Tringa erythropus) Etape migratoire.
Chevalier culblanc (Tringa ochropus) Etape migratoire.
Chevalier gambette (Tringa totanus) Etape migratoire.
Chevalier guignette (Actitis hypoleucos) Résidente. Etape migratoire.
Chevalier sylvain (Tringa glareola) (3) Etape migratoire.
Cigogne noire (Ciconia nigra) (3) Etape migratoire.
Combattant varié (Philomachus pugnax) (3) Etape migratoire.
Courlis cendré (Numenius arquata) Etape migratoire.
Courlis corlieu (Numenius phaeopus) Etape migratoire.
Crabier chevelu (Ardeola ralloides) (3) Etape migratoire.
Cygne tuberculé (Cygnus olor) Résidente. Hivernage. Etape migratoire.
Epervier d'Europe (Accipiter nisus) Résidente.
Faucon hobereau (Falco subbuteo) Reproduction. Etape migratoire.
Faucon pèlerin (Falco peregrinus) (3) Résidente.
Foulque macroule (Fulica atra) Résidente. Reproduction. Hivernage. Etape migratoire.
Fuligule milouin (Aythya ferina) Hivernage. Etape migratoire.
Fuligule milouinan (Aythya marila) Hivernage. Etape migratoire.
Fuligule morillon (Aythya fuligula) Résidente. Hivernage. Etape migratoire.
Fuligule nyroca (Aythya nyroca) (3) Hivernage. Etape migratoire.
Gallinule poule-d'eau (Gallinula chloropus) Résidente. Hivernage. Etape migratoire.
Garrot à Ïil d'or (Bucephala clangula) Hivernage. Etape migratoire.
Goéland brun (Larus fuscus) Hivernage. Etape migratoire.
Goéland cendré (Larus canus) Résidente. Hivernage. Etape migratoire.
Goéland leucophée (Larus cachinnans) Résidente. Hivernage. Etape migratoire.
Grand Cormoran continental(Phalacrocorax carbosinensis) Hivernage. Etape migratoire.
Grand Gravelot (Charadrius hiaticula) Etape migratoire.
Grèbe à cou noir (Podiceps nigricollis) Hivernage. Etape migratoire.
Grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis) Résidente. Hivernage. Etape migratoire.
Grèbe esclavon (Podiceps auritus) (3) Hivernage. Etape migratoire.
Grèbe huppé (Podiceps cristatus) Résidente. Hivernage. Etape migratoire.
Grèbe jougris (Podiceps grisegena) Hivernage. Etape migratoire.
Guifette moustac (Chlidonias hybridus) (3) Etape migratoire.
Guifette noire (Chlidonias niger) (3) Etape migratoire.
Harle bièvre (Mergus merganser) Résidente. Hivernage. Etape migratoire.
Harle huppé (Mergus serrator) Hivernage. Etape migratoire.
Harle piette (Mergus albellus) (3) Hivernage. Etape migratoire.
Héron cendré (Ardea cinerea) Résidente. Hivernage. Etape migratoire.
Hirondelle de rivage (Riparia riparia) Reproduction. Etape migratoire.
Macreuse brune (Melanitta fusca) Hivernage. Etape migratoire.
Marouette ponctuée (Porzana porzana) (3) Etape migratoire.
Martin-pêcheur d'Europe (Alcedo atthis) (3) Résidente.
Milan noir (Milvus migrans) (3) Reproduction. Etape migratoire.
Mouette mélanocéphale (Larus melanocephalus) (3) Etape migratoire.
Mouette pygmée (Larus minutus) Hivernage. Etape migratoire.
Mouette rieuse (Larus ridibundus) Résidente. Hivernage. Etape migratoire.
Nette rousse (Netta rufina) Résidente. Hivernage. Etape migratoire.
Petit Gravelot (Charadrius dubius) Reproduction. Etape migratoire.
Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio) (3) Reproduction.
Plongeon arctique (Gavia arctica) (3) Hivernage. Etape migratoire.
Plongeon catmarin (Gavia stellata) (3) Hivernage. Etape migratoire.
Pluvier argenté (Pluvialis squatarola) Etape migratoire.
Râle d'eau (Rallus aquaticus) Résidente.
Sarcelle d'été (Anas querquedula) Etape migratoire.
Sarcelle d'hiver (Anas crecca) Hivernage. Etape migratoire.
Sterne pierregarin (Sterna hirundo) (3) Reproduction. Etape migratoire.
Tadorne de Belon (Tadorna tadorna) Hivernage. Etape migratoire.
Tournepierre à collier (Arenaria interpres) Hivernage. Etape migratoire.
Vanneau huppé (Vanellus vanellus) Etape migratoire.

(3) Espèces inscrites à l'annexe I : espèces faisant l'objet de mesures de conservation spéciale concernant leur habitat, afin d'assurer leur survie et leur reproduction dans leur aire de distribution.

II SITE NATURA 2000 A CHENS SUR LEMAN

II.1 Introduction :


Le site Natura 2000 de Chens sur Léman fait partie du site Natura 2000 du lac Léman comme montré au paragraphe I. 

II.2 Situation


Comme on peut le voir sur cette carte la zone Natura 2000 de Chens sur Léman contient :

  • Des parcelles appartenant au Conservatoire de Littoral.
  • Deux roselières, il y en a 12 à Chens sur Léman (voir carte)
  • Une partie de la Znieff du vallon des Léchères et de la Sablonnière.
  • Enfin elle borde la très importante Znieff du lac Léman.

II.3 L'importance des roselières


En dehors du fait que les roselières de Chens sont les dernières roselières de la rive française du Léman, les roselières sont le support d'insectes, de larves aquatiques et de micro-algues appréciées des alevins et des canards. Cette végétation est aussi le lieu de reproduction du brochet. Amphibiens, reptiles, oiseaux et mammifères trouvent dans la roselière, un refuge, de la nourriture à foison ou des matériaux de construction.

Le pêcheur professionnel ou amateur reconnaît le rôle de la roselière dans la qualité de l'eau et l'alimentation des poissons.

On a constaté, sur le site des Grangettes (Suisse), qu'après la formation d'une roselière inondée, les conditions de reproduction ont été favorisées pour divers espèces menacées dont la poule d'eau, le râle d'eau, la marouette ponctuée.

On y trouve aussi des rapaces, des passereaux et des canards : le fuligule morillon, le martin pêcheur, la nette rousse, le grèbe huppé, le héron, certains y nichent si des lagunes intérieures sont présentes et si la roselière est suffisamment grande et calme.

Elle joue un rôle dans la propreté du lac, à la façon d'une station d'épuration : elle filtre les matières et permet leur décantation. De plus, les plantes comme les roseaux assimilent dans leurs tissus des polluants comme le phosphore, le nitrate, mais également le cyanure ou des hydrocarbures. Les scirpes métabolisent le phénol.

II.4 La pelouse de la Sablonnière

La valeur et la richesse de la Sablonnière et des fragments de pelouses du vallon, tiennent à une raison unique dont l'origine remonte à la dernière glaciation : la présence de sable et de graviers sur une surface restreinte, constituant de petits îlots de sécheresse, riches en espèces particulières et rares qui contrastent fortement avec la flore plus triviale des terres argileuses à cailloutis environnantes couvrant pratiquement l'ensemble du bassin lémanique.

Le site de la Sablonnière héberge ainsi une flore méridionale-steppique représentée par une petite cinquantaine d'espèces. On compte treize espèces d'orchidées, deux espèces protégées : l'Aster amelle (ou Marguerite de la Saint Michel) et le Thésium à feuilles de lin, et quatorze espèces inscrites en listes rouges régionale ou départementale d'espèces menacées. Avec les dunes d'Excenevex aujourd'hui fortement dégradées, ce site appartient aux "Points de sables" définis par Beauverd en 1906.

II.5 Le lac Léman


Le Lac Léman est protégé par la Convention de Ramsar, il constitue la 2e zone d'hivernage française pour l'avifaune aquatique après la Camargue. Chaque hiver, des dizaines de milliers d'oiseaux y stationnent (foulques, canards, plongeons, grèbes) et sert d'étape à un très grand nombre de migrateurs de passage (chevalier, bécasseaux, barges, gravelots).

Il se situe d'ailleurs sur l'un des principaux axes de migration du continent. Ses rives sont ainsi fréquentées occasionnellement par la plupart des espèces aviennes de la faune européenne.

Le Léman est inventorié au titre des Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux (ZICO).

Le Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion des Eaux du Bassin Rhône-Méditerranée-Corse identifie, à l'échelle du bassin, le Lac Léman et la Basse Dranse parmi les milieux aquatiques remarquables au fonctionnement altéré. Il souligne l'importance de la qualité des cours d'eau tributaires du lac dans le maintien des stocks de la Truite lacustre, forme géante migratrice.

Sur le Léman, il préconise la poursuite d'une politique volontariste de reconquête de la qualité des eaux sur le plan physique, chimique ou biologique (et notamment de réduction des apports en phosphore dans le lac), de protection des derniers espaces naturels littoraux, de maintien et ou restauration des liens biologiques entre le lac et ses affluents.

Le zonage de type II souligne les multiples interactions existant au sein de cette unité lacustre, dont certains éléments littoraux représentatifs en termes d'habitats ou d'espèces remarquables sont par ailleurs retranscrits par le zonage de type I (principales zones d'hivernage…).

Il traduit la sensibilité particulière du bassin versant alimentant le lac, en rapport avec la conservation d'espèces remarquables.

Il traduit également diverses fonctionnalités naturelles :

  • celles de nature hydraulique (autoépuration des eaux et protection de la ressource en eau),
  • celles liées à la préservation des populations animales ou végétales, en tant que zone d'accueil et de stationnement, de dortoir (avifaune migratrice…), zone d'alimentation ou de reproduction pour de nombreuses espèces, dont celles précédemment citées ; l'importance du maintien des liaisons biologiques avec les cours d'eaux affluents (frayères à Truite de lac…) ainsi qu'avec le fleuve Rhône est à souligner.

L'ensemble présente par ailleurs un évident intérêt paysager.

II.6 Carte des habitats naturels du site Natura 2000 de Chens sur Léman



Un exemple d'orchis (Orchis brûlé) rencontré sur la prairie de la Sablonnière 
 

II.7 Carte des 11 roselières répertoriées de Chens sur Léman

 
Les roselières 1, 2 et 3 se trouvent adossées à une zone naturelle N. Les roselières 10 et 11 font partie de la zone Natura 2000 de Chens.

Les six autres (54%) se trouvent au dos d'une zone constructible Uc.

Bien que la protection des roselières de Chens soit inscrites dans le DOG du SCOT du Chablais, il est donc évident que pour protéger durablement toutes les roselières il faut que celles-ci soient protégées par un arrêté de biotope.


Vous pouvez télécharger ce dossier en cliquant ICI